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Le gouvernement ivoirien annonce un nouveau round de privatisations

À l'issue du Conseil des ministres de mercredi, le gouvernement ivoirien a autorisé la cession des parts de l'État dans Industrial Promotion Services West Africa, la filiale ouest-africaine du Fonds Aga Khan, et dans le spécialiste du matériel industriel Côte d'Ivoire-Engineering.
Le gouvernement ivoirien poursuit sa politique de cession des participations publiques dans le secteur privé.
Après avoir lancé la liquidation de la Banque pour le financement de l’agriculture (BFA), la privatisation de Versus Bank et de la Banque de l’habitat de Côte d’Ivoire (BHCI) ainsi que la vente de l’essentiel des parts publiques dans la Société ivoirienne de banque, le gouvernement ivoirien a approuvé le mercredi 27 avril un nouveau round de vente des participations de l’État.
Le Conseil des ministres du 27 avril a adopté un décret autorisant la cession de la moitié de la participation de l’État (soit 5%) dans le capital de la Société ivoirienne de Banque (SIB). En juin dernier, lors de la cession au marocain Attijariwafa Bank de 39 % des parts de l’État, le gouvernement a évoqué son souhait de ne conserver à terme que 5 % du capital, le reliquat revenant à un acteur institutionnel ivoirien dont l’identité n’a toujours pas été révélée. En 2014, la SIB a enregistré un total de bilan d’environ 925 millions de dollars, pour un produit net bancaire de 73 millions de dollars.
Le gouvernement ivoirien a également autorisé « la cession de la totalité de la participation de 15 % détenue par l’État de Côte d’Ivoire au capital du holding IPS WA [Industrial Promotion Services West Africa], par une consultation restreinte ou par appel d’offres ouvert ». IPS WA est le holding d’investissement ouest-africain du Fonds Aga Khan pour le développement économique.
L’État ivoirien est entré en 1988 au capital de cette société d’investissement, présente dans l’emballage, l’agro-industrie, les infrastructures et le commerce, avec un chiffre d’affaires annuel de 287 milliards de F CFA (437 millions d’euros), selon les derniers chiffres disponibles. En Côte d’Ivoire, IPS WA compte des participations dans l’entreprise groupe agro-industrielle Cajou des savanes, le producteur électrique Azito Énergie, la société textile Filtisac, Ivoire Coton et le négociant de produits chimiques Chimtec.
Autre cession approuvée mercredi : la vente de la participation de l’État de 74 % dans la société Côte d’Ivoire-Engineering, à travers « un appel d’offres ouvert ». Né en 1997 sur les bases de l’ex-Atelier des travaux neufs de la Palmindustrie (devenu Palmci et intégré au groupe agro-industriel ivoirien Sifca), CI-Engineering est spécialiste de la production et de la maintenance d’équipements industriels. L’entreprise, basée dans la zone industrielle de Vridi, près d’Abidjan, la capitale économique ivoirienne, compte parmi ses clients en Côte d’Ivoire le chocolatier français Cemoi, le cimentier Socimat, le minier Randgold et la Société des énergies de Côte d’Ivoire (CI-Énergies).
Sortie du capital du premier employeur privé burkinabè
Enfin, le gouvernement a donné son feu vert à la vente du reliquat des parts publiques (2,2 %) dans la société burkinabè Nouvelle société sucrière de la Comoé (SN Sosuco). Cette cession se fera « à un investisseur privé, qui sera choisi au moyen d’une consultation restreinte », selon le communiqué du Conseil des ministres.
Basé près de Banfora, dans le sud-ouest du Burkina, et actif dans la culture de la canne à sucre ainsi que la fabrication et la vente de sucre, SN Socuso revendique la position de premier employeur privé de ce pays, avec 3 000 salariés (dont 800 permanents, 400 saisonniers et plus de 1800 journaliers). Son principal actionnaire est IPS WA, depuis sa privatisation en 1988.
L’entreprise, qui exploite environ 4 000 hectares de terres agricoles au Burkina, traverse une période de crise depuis le dernier trimestre 2015, marquée par une baisse des ventes et un bras de fer tendu entre la direction et les salariés, ayant entraîné le blocage de l’usine entre novembre et décembre dernier et « plus d’un milliard de F CFA » (1,5 million d’euros) de pertes pour l’entreprise, selon son directeur général.
Programme de privatisation
« La cession des participations détenues par l’État dans ces différentes sociétés intervient dans le cadre du programme de privatisation engagé par le gouvernement », explique le communiqué du Conseil des ministres.
Annoncé en 2012, ce processus de privatisation a enregistré un long retard, restant bloqué près de deux ans. Il a toutefois enregistré une très nette accélération depuis 2014. Ainsi que quelques revirements : évoquée à un moment, la liquidation de la Caisse nationale des caisses d’épargne, a été abandonnée, l’État ivoirien choisissant plutôt d’injecter 35 milliards de F CFA (53,4 millions d’euros) dans le capital de l’établissement bancaire.
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